Je vais aborder ici la dernière partie de la photo de figurines: le post-traitement. L'exposé ici se veut général, de manière à ce que vous ayez les outils et ce quel que soit le(s) programme(s) que vous utilisez. Comme pour l'APN donc, je vous recommande chaudement de vous référer à l'aide de votre programme voire à des tutoriaux sur le net ou dans des forums spécialisés – certains programmes disposent aussi de bouquins de référence en vente dans le commerce, mais un tel investissement est inutile pour les fonctions basiques que je vais vous décrire, vous pourrez donc au pire vous contenter d'en consulter un en rayon. Cela dit, avec des mots clés en tête et un minimum de curiosité, vous pourrez très bien y arriver en vous contentant de chipoter un peu.
Vous venez de mitrailler quelques unes de vos figurines, et vous vous retrouvez maintenant avec une série de photos. Beaucoup s'arrêtent à ce stade et postent les photos telles quelles, alors que certaines manipulations sont encore nécessaires – ou tout du moins élégantes pour certaines. Les différentes notions utiles peuvent être regroupées en quatre catégories qui seront successivement discutées:
- apparence
- sujet
- taille/poids
- mise en ligne
Avant d'entrer dans le vif du sujet, reprenons la règle énoncée plus tôt: ce que l'appareil photo ne voit pas ne peut pas apparaître sur le cliché. Il est donc
impératif de soigner la prise de vue dès le départ. Les modifications sont là soit pour ajuster certains
petits défauts, soit pour mettre en valeur vos photos. D'ailleurs, si vous avez un dispositif de prise de vue et un APN permettant tous les réglages nécessaires, vous pourrez probablement vous passer de la partie relative à l'apparence de l'image. En conséquence, je me fixe une seconde règle à ce stade:
si la photo demande beaucoup de retouches, c'est qu'à la base elle n'est pas bonne. Cela dit, la retouche est un outil précieux si vos finances ne vous permettent pas d'investir pour améliorer vos photos.
Commençons par étudier l'
apparence de l'image, que nous allons décrire par trois caractéristiques:
- luminosité et contraste;
- équilibre des couleurs;
- netteté.
La
luminosité va vous permettre d'augmenter ou d'abaisser le niveau global de lumière de l'image En triturant ce paramètre à partir d'une photo correcte, vous pouvez obtenir une image qui vous donnerait une situation de sur ou de sous-exposition. Sans aller jusque là, ce paramètre vous permet de corriger de légers défauts ou de légers excès de lumière.
Le réglage du
contraste est souvent groupé avec celui de la luminosité dans les programmes de retouche d'images. En effet, son rôle est quasiment indissociable de celui de la luminosité, car un excès ou un défaut de lumière vont tous deux avoir un effet sur la perception des contrastes. En pratique, un fort contraste va non seulement exacerber les différences entre des couleurs différentes, mais également rendre les nuances plus brutales – on tend à discrétiser le spectre chromatique. Un faible contraste aura par contre tendance à ternir les couleurs et à leur donner une base grisâtre commune.
Après quelques essais, vous finirez vite par comprendre l'action de ces deux grandeurs.
L'
équilibre des couleurs est le pendant, dans les programmes de retouche, de la balance des blancs de votre APN – l'appellation exacte peut varier selon les programmes, vous demandant peut-être un peu d'imagination au niveau des concepts et des synonymes.
Certaines approches de la théorie des couleurs se basent sur une décomposition de l'ensemble des couleurs en combinaisons de 3 couleurs de base – parfois différentes selon les domaines. C'est un principe qui a par exemple été mis en œuvre dans les imprimantes couleur.
Le réglage de l'équilibre des couleurs se fera donc en général en modifiant le niveau de chacune des couleurs fondamentales séparément, afin de les rendre plus ou moins présentes. Ici encore, quelques essais vous permettront de rapidement vous familiariser avec la fonction ad hoc.
On dit d'une image qu'elle est
nette lorsque sa définition est identique à ce qu'on percevrait en regardant l'objet réel à l'œil nu.
ATTENTION: avant de faire des essais sur les photos de votre toute dernière figurine, faites une copie de l'image que vous allez triturer. Comme cela, aucune fausse manœuvre ne vous forcera à reprendre votre APN en main…
Passons à ce que j'appelle le
sujet, terme un peu obscur par lequel je désigne le(s) élément(s)s important(s) que vous voulez montrer sur la photo. La meilleure façon de mettre le sujet en avant, c'est de faire en sorte que lui seul soit présent à l'image, dans la mesure du possible. Evitez donc de présenter une photo où l'arrière plan gène la visualisation de votre figurine, ou encore où la photo est prise avec un tel recul que l'arrière plan occupe la majeure partie de l'image – je ne compte pas le nombre de fois où la photo consiste en un fond blanc qui occupe 90% de l'image et où la figurine est timidement perdue au milieu des 10% restants.
Il n'est cependant pas toujours facile (voire même possible) de cadrer la photo de manière à n'y conserver que le sujet. De même, pour diverses raisons il peut se révéler difficile de prendre une photo d'une partie en plan rapproché (que ce soit pour des problèmes de lumière ou de mise au point par exemple).
Dans le premier cas, des outils simples d'utilisation vous permettent de
recadrer l'image, c'est-à-dire de supprimer tout ce qui ne vous intéresse pas pour ne garder que le sujet. Les appellations pour cette fonction sont variées (rogner, recadrer, … dans la langue de Molière; crop, trim,… dans celle de Shakespeare), donc n'hésitez pas à chercher et à chipoter un peu.
Dans le second cas, vous allez pouvoir mettre à profit un des principaux arguments de vente de votre APN (du moins celui mis en avant pour le grand public): sa résolution. Commencez par recadrer l'image autour de l'élément à mettre en valeur; cela vous permet d'une part de l'isoler et donc d'être sûr que l'attention s'y porte, ensuite vous y gagnerez au niveau du poids de l'image (cfr plus bas). Ceci fait, vous pouvez maintenant
modifier la taille de l'image (ses dimensions donc, hauteur et largeur), agissant ainsi comme un zoom numérique.
Enfin, une autre possibilité s'offre à vous lorsque vous voulez montrer différentes vues de votre figurine. Soit vous les montrez séparément, soit vous les groupez pour ne présenter qu'une seule image. Lorsque vous groupez ainsi des images, faites tout de même attention à la taille et au poids de l'image finale, comme expliqué plus bas. Pour
grouper des images, la procédure peut varier d'un programme à l'autre (allant d'un simple copier-coller avec ajustement de l'arrière-plan à des principes basés sur des calques), ici encore mon but n'est pas de donner des leçons d'infographie, mais avec un peu de débrouillardise et si nécessaire, en cherchant sur le web ou dans les bouquins, vous trouverez relativement facilement réponse à vos question.
Note: un avantage de grouper les images vient du fait que vous pouvez alors plus facilement la charger sur le net, et vous n'avez ensuite plus qu'un ou deux liens à taper au lieu de 5,6,7,8,…
Abordons maintenant deux aspects de plus en plus oubliés à l'heure actuelle: la
taille et le
poids de l'image. Je vais commencer par donner la définition que je donne à ces deux termes – je me permets de les différencier car le terme "taille" est souvent utilisé pour désigner indifféremment les deux concepts, cette différenciation me permet donc d'être clair dans mes propos:
- la
taille d'une image fait référence à ses dimensions (hauteur et largeur); en informatique, on l'exprime en pixels (px). Un pixel est un des points qui constituent votre image et auquel est attribué une couleur; cette unité est liée à la discrétisation inhérente à tous les processus informatiques. Pour plus de commodité, les programmes de retouches d'image vous permettent de définir indifféremment l'unité de mesure dans laquelle vous voulez exprimer les longueurs (pixels, centimètres, millimètres, pouces,…).
- le
poids de l'image est la place qu'elle occupe lors du stockage sur un support comme un disque dur, un CD, un serveur web, etc. Celui-ci s'exprime en octets (et en ses multiples les plus courants: kilooctet (ko, mille octets) et mégaoctet (Mo, un million d'octets) – que les accros de l'informatique me pardonnent de ne pas parler des bytes… Plus cette valeur est élevée, in extenso plus le poids de l'image est élevée, plus elle prendra de la place sur votre disque dur, et plus elle sera longue à être chargée sur le net.
Pourquoi est-ce que ces deux paramètres sont souvent oubliés, dès lors? C'est principalement dû à la démocratisation d'une informatique "clés en main" et puissante qui s'est accélérée ces derniers temps. Pour ce qui est de la taille, beaucoup de PC sont équipés de Windows XP à l'heure actuelle qui, lorsqu'il affiche une image dont la taille est supérieure à celle de l'écran, redimensionne automatiquement l'affichage de l'image (juste l'affichage, pas l'image elle-même) pour qu'elle apparaisse entièrement à l'écran. Pour ce qui est du poids, l'avènement de l'internet à haut débit fait qu'envoyer quelques Mo sur le web ne pose plus autant de problèmes qu'il y a quelques années (croyez-moi que télécharger 3 Mo avec un modem 56ko, surtout à l'époque, c'était parfois toute une aventure… et bonjour la facture qui suivait en plus!). Bref, on nous mâche le travail et du coup la paresse et les mauvaises habitudes prennent le dessus. Personnellement, je plaide (un peu dans le désert) pour une utilisation rationnelle et responsable des moyens informatiques. Ce lieu n'est cependant pas approprié pour se lancer dans une suite d'arguments divers, je me contenterai donc de me limiter à des considérations pragmatiques par rapport au sujet de cet article.
Concernant le
poids tout d'abord, si vous regardez celui d'une photo en sortie directe d'un APN, vous verrez des valeurs s'échelonnant de 2 à 7 Mo en moyenne, et pouvant monter beaucoup plus haut selon les modèles. Or, n'oubliez pas que:
- vos images devront être stockées sur un serveur quelque part, pour être visible sur le web; l'espace qui vous est alloué est généralement limité, et parfois même directement le poids des images pour le cas d'hébergeurs spécialisés.
- vos images devront être téléchargées par les personnes qui veulent les voir; or les connexions haut débit ne sont pas accessibles à tous pour des raisons financières et/ou géographiques. Dès lors, si vous voulez que vos œuvres soient accessibles au plus grand nombre, un poids raisonnable est un plus. Remarquez, dans certains cas, même les personnes avec une connexion haut débit renonceront face à un temps de téléchargement prohibitif.
Si le poids de vos photos en sortie d'APN est si important, c'est parce que vos photos sont en réalité trop grandes que pour être affichées entièrement sur un ordinateur qui ne permet pas de modifier l'affichage en conséquence. Il y a donc un gaspillage important auquel vous pouvez remédier. Pour ce faire, un des deux outils est le choix du format de l'image et de son niveau de compression.
Le
format fait référence à la façon dont l'image est encodée (et donc stockée) sur votre support informatique (et le serveur web) et est indiqué par l'extension du fichier – on appelle "extension" les 2 à 4 lettres qui suivent le nom du fichier après un point, comme par exemple ".jpg, .jpeg, .mp3, .mpeg, .avi,…" . Certains formats bruts (le .bmp étant le plus commun) sont très lourds car ils sauvegardent point par point et/ou en conservant d'autres informations (approche par "objets", images vectorisées, etc). D'autres formats font usage de fonctions mathématiques particulières (à base de transformées de Fourier pour ceux qui connaissent, je ne connais d'ailleurs pas d'autres exmples) qui leur permettent de diminuer la quantité d'information nécessaire en changeant sa nature; on parle alors d'image compressée. En réglant un ou plusieurs paramètres dont le plus courant est le
taux de compression, on peut jouer sur la quantité d'information perdue lors de cette compression. Une image fortement compressée sera un peu floue, les nuances de couleurs seront atténuées,… par contre son poids sera faible. Une image peu compressée sera très proche de l'originale mais son poids ne sera pas beaucoup diminué.
Le format le plus courant sur le net (et celui utilisé dans les APN aussi d'ailleurs) est le format
.jpeg (aussi appelé .jpg, .JPG ou encore .JPEG). Il allie deux qualités principales: d'une part il est lisible par la quasi totalité des ordinateurs dans le monde, il est quasiment universel donc, et d'autre part il offre de relativement bonnes performances pour les applications comme le partage d'images. Je vous en recommande donc chaudement l'utilisation. Cela dit, les formats propres à certains programmes peuvent également avoir de gros avantages mais qui sont généralement liés à des aspects plus "infographiques" – qui peuvent par exemple être utile pour conserver des images modifiables où vous avez groupé plusieurs photos. Pour ce qui est du taux de compression, faites quelques essais pour être sûrs de vous.
En jouant sur la
taille aussi vous aurez un effet direct sur le poids de l'image. En effet, lorsque vous diminuez la taille, l'ordinateur "fusionne" les pixels, dans le sens où il mène des calculs plus ou moins complexes pour déterminer quelle doit être la couleur d'un pixel qui résulte de la combinaison de plusieurs autres.
L'intérêt de redimensionner une image est également que certains hébergeurs refusent des images dont les dimensions excèdent certaines valeurs limites – ça marche aussi pour les avatars sur les forums d'ailleurs

. Souvent, l'hébergeur redimensionnera alors lui-même l'image, usant pour cela d'algorithmes le plus souvent déplorables qui vont très fortement altérer la qualité de votre image.
Enfin, beaucoup trouvent qu'il est désagréable de ne pas pouvoir présenter une figurine entièrement à l'écran. Devoir bouger le curseur empêche de pouvoir admirer la figurine dans son ensemble. Beaucoup préfèrent également avoir des zooms sur les détails plutôt que de devoir les chercher, perdus dans une image trop grande.
Veillez bien à conserver les proportions de l'image lorsque vous en modifiez les dimensions. La plupart des programmes proposent à ce sujet une option à cocher pour activer un conservation automatique des proportions, afin d'éviter que votre maître de chapitre space marine ne se mette à jouer à Laurel & Hardy.
Pour revenir au cas des images obtenues par la combinaison de plusieurs photos, vous concevez donc que plus vous grouperez d'images, plus vous serez confrontés à un problème lié à la taille ou au poids. Soyez donc astucieux dans votre façon de disposer les éléments, judicieux dans le choix des vues et des détails et, si nécessaire, faites deux groupes distincts.
En guise de règle de bonne pratique, j'essaie de ne pas dépasser:
- 50 ko pour une photo de figurine constituée d'une seule image et que je ne désire pas nécessairement afficher en grand (environ 8 à 10 cm à l'affichage);
- 100ko si je veux l'afficher en un peu plus grand (plus de 12cm à l'affichage);
- 200ko (ultime limite) si je fais des compositions de nombreuses images et que je veux qu'elles apparaissent suffisamment bien.
Note: je parle de centimètres "à l'affichage" parce que souvent ceux-ci diffèrent des centimètres renseignés par le programme comme taille de l'image. Soyez-y donc attentif pour éviter des mauvaises surprises.
Ces considérations font partie, pour moi, comme je le disais plus haut, d'une démarche d'utilisation rationnelle des ressources. Si cela ne vous touche pas, songez au moins qu'une image bien compressée et de bonne taille sera vue avec plus de plaisir par les internautes, qui prendront donc plus de temps pour admirer vos figurines, aller voir (et éventuellement revoir) toutes vos photos, et transmettre l'url à d'autres personnes. Vous avez donc vous aussi tout à y gagner.
Concernant la
mise en ligne des photos, je serait assez succinct. Il y a deux manières de stocker des images sur le net:
- les stocker dans un espace web qui vous est alloué auquel vous accédez soit par des programmes d'échange de type ftp, soit par des pages web conviviales adaptées; la plupart des fournisseurs d'accès internet vous offrent un espace web gratuit avec leur abonnement et de nombreux hébergeurs proposent également des espaces gratuits.
- les stocker sur des hébergeurs dédiés aux images, voire carrément dédiés aux figurines.
Dans un cas comme dans l'autre, vous trouverez vite ce qu'il vous faut avec un moteur de recherche ou en posant quelques questions autour de vous.
Ceci clôt ma série d'articles relatifs aux photos de figurines destinées à être montrées sur la toile. Les spécialistes de l'infographie et apparentés me pardonneront mes explications peut-être parfois un peu trop simplifiées, mais mon but premier est la vulgarisation; les personnes intéressées approfondiront par elles-mêmes avec des personnes plus qualifiées que moi.
J'espère que ces conseils se révéleront utiles.